Plage d'eau turquoise en Sardaigne

Depuis quelques temps déjà, nous avons pris goût à partir en vacances sur la fin du mois de Mai. En 2016, nous étions sur les Iles Canaries (cela fera sans doute l’objet d’un article prochain), et cette année, c’est la Sardaigne et ses belles plages d’eau turquoise qui nous attendaient. Partir en « décalé » comme cela est avantageux à deux points de vue : premièrement, la saison n’est pas encore véritablement lancée, ce qui fait que l’afflux de touristes n’est pas encore très important ; deuxièmement, le soleil et les températures sont en général déjà au rendez-vous.

La Sardaigne, c’est un condensé d’histoire, d’archéologie, de montagnes, de forêts, de petites criques et bien évidemment d’eau cristalline. A seulement 2h de Paris, nous n’avons pas hésité longtemps pour choisir cette destination. Trois fois plus grande que sa « petite sœur » la Corse, cette vaste étendue de terre déroule une variété de paysages impressionnants et magnifiques. D’Olbia à Alghero, en passant par Bosa, le village préhistorique de Tiscali, et Cagliari, la Sardaigne offre ses plus beaux visages à qui veut bien les découvrir. Cette région autonome au sein de l’État italien, subdivisée en 8 provinces, compte énormément sur le tourisme pour son développement économique : c’est bien simple, chaque année, ce sont des millions de touristes qui atterrissent ou débarquent sur cette île de près de 24000 km2. Alors quoi voir sur une semaine ? Quels sont les incontournables ? Comment être sur de ne rien rater ? On vous dit tout dans cet article.

Note : ce billet est un condensé de notre semaine en Sardaigne. Chaque lieu que nous avons visité fera l’objet d’un article à part entière.

Jours 1 et 2 : le Golfe d’Orosei et l’Oasis de Bidderosa

Samedi 20 mai 2017. Nous posons le pied sur le territoire sarde après 1h50 de vol via Easyjet depuis Orly. Nous atterrissons à Olbia, sur la partie nord de l’île, où nous partons directement récupérer notre voiture louée via Locauto Rent A Car (204€ la semaine pour deux conducteurs). On nous propose une Lancia Ypsilon, moteur essence 60 CV. Un peu « faiblard » à l’usage mais elle fera le job sur les 7 jours.

De là, nous filons au Sud direction le Golfe d’Orosei, où d’immenses falaises calcaires laissent entrevoir de superbes criques sablonneuses. La route pour atteindre Cala Gonone est majestueuse : pendant plusieurs kilomètres vous descendez les lacets de la montagne, et à chaque virage une vue unique sur la mer s’offre à vous. Autant vous dire que vous êtes « dans le bain » direct.

Cala Gonone : falaises et criques sur le Golfe d'Orosei

Les fameuses falaises du Golfe d’Orosei et leurs grottes

Le soir, pour notre première nuit en Sardaigne, nous étions attendu à l’agriturismo Paulesa sur Dorgali. 60€ la nuitée pour deux personnes avec petit déjeuner. Le repas était servi dans une grande salle à manger commune, où deux autres couples étaient également présents. Notre hôte ne parlant exclusivement qu’italien, nous n’avons néanmoins pas échangé beaucoup. Dommage.

Le lendemain, dimanche, échappée belle à Bidderosa, une oasis située à 13km au nord d’Orosei. L’endroit, dont l’accès est strictement réglementé, limité en nombre de visiteurs et payant, offre des paysages naturels préservés sur près de 500 hectares : entre les forêts de pins, le maquis, les petites criques et les 5 plages de sables blancs, il y a de quoi s’y sentir seul parfois. Et ce n’est pas pour nous déplaire ! Au bout de 7km de marche (oui, nous on a choisit l’option pédestre), vous arriverez à la 5ème oasis, sans doute la plus belle. Entre temps, n’oubliez pas de monter à Urtacu, vous pourrez admirer l’oasis de Bidderosa à 360°. Et cela vaut le coup d’œil croyez-nous.

Le point de vue sur l'Oasis de Bidderosa

Le point de vue sur l’Oasis de Bidderosa

Après cette journée de farniente et de ballade bucolique, retour sur Cala Gonone. Indéniablement, notre peau a fait le plein de soleil et d’UV. On dépose ensuite nos affaires au B&B Monolocali -50€ la nuit pour deux- (les Bed & Breakfast, sorte de chambres d’hôtes « chez l’habitant », sont légions en Sardaigne), et l’heure de se restaurer arrive vite. On vous conseille le DuePi, une pizzeria ristorante un peu à l’écart du centre ville, mais le cadre est sympa et le serveur parle français.

Jours 3 et 4 : Cala Luna, Orgosolo, Bosa et Alghero

La Sardaigne est une destination idéale pour des vacances sportives sous le soleil. Nombre de chemins de randonnée, de spots d’escalades et d’activités nautiques s’offrent à vous si le cœur vous en dit. Passer des jours entiers à cuire sur la plage sans rien voir de la région qui vous accueille, c’est pas trop notre truc. C’est pourquoi, pour notre troisième jour en Sardaigne, nous avons décidé de nous rendre à Cala Luna. Mais pas en bateau, non, à pied depuis Cala Fuili ! 6km, environ 2h de marche, et au bout, la récompense : une belle plage d’eau turquoise sur près de 800 mètres, avec une grotte extraordinaire refuge de bon nombre de vacanciers lorsque le soleil tape fort.

Vue sur la mer depuis Cala Luna

Point de vue depuis la grotte de la plage Cala Luna

Une fois revenus à notre point de départ, la voiture n’avait pas bougé. Et heureusement, car la prochaine étape de notre périple se nomme Orgosolo. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas croisé énormément de voitures en chemin. Et pour cause, les routes de montagne pour s’y rendre sont impressionnantes et très tournantes ! Accroché aux contreforts du Supramonte, Orgosolo est un ancien repaire de bandits qui n’aurait pas véritablement de charme sans toutes ses peintures murales. Nous logeons au B&B Orgosolo pour quelques 44€ petit déjeuner inclus. On vous le dit d’avance, c’est la meilleure chambre d’hôte que nous ayons eu du séjour. Pasquale, le gérant, est très accueillant et offre un expresso à votre arrivée. Bonus, il parle anglais !!

Enfoncez-vous dans les petites ruelles étroites du village pour découvrir les fresques peintes sur les murs. Impossible de les louper, Orgosolo en compte plus de 150. Notre conseil : une après-midi suffit pour faire le tour de cette cité qui, il faut bien l’avouer, n’a pas grand intérêt ni ce n’est ses représentations murales. N’envisagez pas d’y rester une journée entière en tout cas.

Orgosolo : peintures et fresques sur les murs

Les peintures et fresques du village d’Orgosolo

Nous partons relativement tôt le lendemain matin. Direction Alghero en passant par Bosa. L’arrivée dans ce bourg classé comme l’un des plus beaux d’Italie se fait par une belle route panoramique, où chaque virage ou presque dévoile des criques à l’eau turquoise. On en prend plein les yeux. Mais c’est véritablement en visitant la forteresse médiévale de Bosa (4€ par adulte) que vous vous rendrez compte de l’étendue et de la beauté de la ville. Un pont en pierre qu’il est possible de traverser en voiture enjambe le fleuve Temo : de là, enfoncez-vous dans le quartier Sa Piatta et flânez dans les ruelles pavées en appréciant les belles demeures aristocratiques aux couleurs pastels. Un petit creux ? Arrêtez-vous au restaurant Sa Nassa, une des adresses préférées des locaux. Niché sous une superbe voûte en pierres, vous y dégusterez de très bons plats de pâtes, entre autres. Mais manger sur le pouce, c’est aussi possible à Bosa. On vous conseille notamment le Jolly Bar, un petit établissement spécialisé dans les foccacie farcies de charcuterie, de fromage et de légumes grillés. (moins de 3€ la part).

En reprenant la route d’Alghero, on décide de faire une pause en piquant une petite tête à S’Abba Druche Beach. Garez la voiture sur le bord de la route, et descendez via un petit sentier jusqu’à la crique. Avec un peu de chance, vous serez seuls 😉 1h, 2h, 3h.. restez-y le temps que vous voulez, mais on vous conseille tout de même de reprendre la route en fin de journée : pour rejoindre Alghero, la route longe la mer et les falaises. De fabuleux points de vue s’offrent à nos mirettes, et le soleil qui rougit peu à peu ajoute un brin de magie à ce trajet. Nous logeons le soir au B&B Zahra (29€ la nuit pour deux avec petit déj). Mais avant de plonger dans les bras de Morphée, nous partons admirer le coucher de soleil depuis l’une des terrasses de café sur les remparts.

Coucher de soleil à Alghero

Coucher de soleil à Alghero

Réveillés relativement tôt le jour suivant, nous en profitons bien sur pour visiter le centre historique, marcher le long des remparts et nous promener dans les ruelles de la ville (décorées de fleurs et agrémentées ici et là de vélos peints en rose – les couleurs du Giro). Sachez qu’un petit train permet de faire le tour de la cité, mais nous vous conseillons plutôt de cheminer à votre rythme grâce à… vos guiboles 🙂 Ne manquez pas de découvrir et photographier la Tour Della Maddalena, la Piazza Civica ainsi que le cloître de l’église San Francesco. A noter également le joli port de pêche, point de départ de nombreuses excursions pour aller en prendre plein les mirettes avec les Grottes de Neptune. Pleine de charme, Alghero a réussit à nous séduire par son caractère, son histoire, son architecture et ses habitants. Note : si vous souhaitez ramener des bijoux en corail de votre séjour, c’est forcément ici qu’il faut vous les procurer !

Jours 5 et 6 : à nous Castelsardo et Santa Teresa Gallura

Avant de partir pour notre nouveau lieu de villégiature, Castelsardo, nous nous octroyons un petit café en terrasse d’un bar. On vous prévient de suite, celles et ceux qui aiment les « petits noirs » bien allongés seront  déçus en venant en Sardaigne. Ici, un bon café c’est un expresso et rien d’autre. Une gorgée et hop.. la note svp 🙂

Partir à la découverte de Castelsardo, c’est comme partir en vacances à la neige sans mettre les « pieds » sur les pistes. Si vous ne prenez pas le temps de visiter le Château, construit au 12è siècle par la famille génoise des Doria, et qui domine véritablement la ville basse, alors passez votre chemin. Ça grimpe sec pour accéder à la forteresse médiévale mais le jeu en vaut la chandelle : la vue est à couper le souffle. Par temps clair et ensoleillé, le Golfe de l’Asinara s’offre à vous et les côtes corses se dessinent. L’endroit est aussi le terrain de jeu favori des mouettes.. et il y en a des dizaines et des dizaines, alors attention aux déjections qui pourraient venir s’écraser sur le haut de votre crâne. Rassurez-vous, nous n’avons pas été témoins de ce genre de scène 🙂

La forteresse médiévale de Castelsardo

Une des vues les plus photographiées de Castelsardo

Passer à côté de ce village pittoresque, accroché à une colline cernée par la mer, serait d’après nous une erreur. Le vieux centre, sa forteresse, ses remparts, ses rues pavées où les mamas fabriquent devant le pas de leur maison des objets en vannerie.. le charme opère inévitablement. Pour vous restaurer, prenez place au Café de Paris (les prix sont corrects, les portions copieuses et la cuisine très bonne).

Point d’orgue de notre périple, les îles de la Maddalena. Mais avant de rejoindre ce trésor sarde, nous faisons une halte à Santa Teresa Gallura. C’est aussi le lieu où nous décidons de remplir le réservoir d’essence de la voiture, car nous redoutions des prix plus élevés une fois sur l’archipel (et ce fût le cas). Alors, on dit merci qui pour l’astuce ? A Santa Teresa, les rues droites se croisent perpendiculairement, et le point central en est la piazza San Vittorio. Nous nous y arrêtons une petite heure pour dévorer la nième pizza du séjour. Sur les contrebas de la ville, vous ne pouvez pas rater le petit port de pêche caché dans une crique naturelle, ainsi que la magnifique plage Rena Bianca : sable blanc et eau turquoise en veux-tu en voilà.

Rena Bianca

La plage de sable fin de Rena Bianca

Arrivés à Palau (cette ville doit son développement uniquement au fait que c’est de cet endroit que partent tous les ferrys assurant la liaison entre la côte et La Maddalena), nous faisons la queue comme tout le monde avant d’embarquer sur le bateau avec notre petite Lancia. Des départs sont prévus toutes les 30 minutes. Astuce n°2 : garez votre voiture sur l’une des trois files, sortez et partez acheter votre ticket (37€ A/R dans notre cas) dans le bâtiment à l’entrée; vous éviterez ainsi de monter en dernier à bord et vous pourrez ressortir du bateau un peu plus vite. La traversée dure 15 minutes. Profitez-en pour monter sur le pont et appréciez le paysage !

A peine débarqués, et la chaleur aidant, une envie soudaine de fraicheur se fait sentir. Ni une ni deux, nous filons commander une glace artisanale chez Dolci Distrazioni. Une multitude de parfums sont proposés et les portions sont à la hauteur de la réputation du glacier : 2,50€ le cornet double saveur. A ce prix, tu n’as souvent qu’une seule pauvre boule en France, sans compter le goût chimique affreux.. Le soir, nous posons les valises au B&B Tra Rocce & Mare (70€ pour 2 nuits à deux avec petit déj; mais attention le propriétaire nous a confié vouloir augmenter les prix prochainement).

Jours 7 et 8 : La Maddalena et l’île Caprera

Pour les deux derniers jours de notre road trip en Sardaigne, nous terminons en beauté sur l’archipel de La Maddalena. Au petit matin, ni une ni deux, direction l’île Caprera, réputée pour ses sentiers de randonnées, des criques paradisiaques et ses paysages enchanteurs. Caprera.. comment vous dire.. c’est un petit eden naturel, un écrin de verdure à ciel ouvert où les signes de présence humaine sont très peu visibles. Depuis La Maddalena, passez par Moneta, franchissez la digue du même nom qui relie les deux îles et vous voilà sur Caprera.

L’objectif du jour : Cala Coticcio, autrement appelée « Tahiti ». Le surnom en dit long ! Pour y accéder, suivez la route principale et allez jusqu’au bout. Sur la droite, au bout de 5 à 6km et avant d’arriver au fort, une esplanade en terre battue fait office de parking. A partir de ce point, comptez 40 minutes pour atteindre la plage. Attention, tennis ou chaussures de rando fortement conseillées. En effet, le sentier est assez escarpé et empierré, mais indiqué. Pas vraiment de grosses difficultés (si ce n’est un passage assez raide à mi-chemin). Prévoir de l’eau en quantité, à la fois pour l’aller et le retour. Évitez bien entendu de partir en simples tongs, comme malheureusement bon nombre de touristes que nous avons pu croiser.

Plage de Cala Coticcio, Caprera

Cala Coticcio, sur l’île Caprera : la petite Tahiti

Au bout du sentier, une première crique de sable doré bordé d’eau turquoise se présente. Vous pouvez vous y arrêter, mais nous vous conseillons plutôt de poursuivre jusqu’à la seconde crique, encore plus belle. Un véritable petit paradis, digne des cartes postales polynésiennes. Les eaux y sont d’une pureté exceptionnelle et limpides. Masques et tubas obligatoires ! On y passera la journée, alternant entre baignades avec les poissons et bronzette sur les gros rochers alentours. Le soir, en rentrant à l’appartement à La Maddalena, nous prenons la Route Panoramique : l’occasion de profiter une fois encore d’incontournables points de vue.

Le lendemain, pour notre dernier jour en Sardaigne, nous repartons sur Caprera et nous optons cette fois-ci pour la plage de la Napoletana. La route est exactement la même que la veille, à la seule différence que là nous allons jusqu’au fort. Nous prenons le sentier 14, et au bout de 30 minutes de marche, vous arrivez à destination. Par chance, nous étions les premiers ce jour-là et nous avons pu trouver un petit coin de sable un peu à l’écart sur la gauche. Restez y toute la journée, baladez-vous dans les rochers pour la voir de haut et enchainez les plongeons dans l’eau !! 🙂

Plage de la Napoletana, sur l'île Caprera en Sardaigne

Plage de la Napoletana

Cette dernière journée passe trop vite. Il est déjà temps de rebrousser chemin pour prendre le ferry, direction Olbia, d’où nous prenons l’avion le lendemain matin. Nous faisons une dernière halte le soir au B&B Le Rose, (60€ la nuit avec petit déjeuner pour 2) avant de partir manger dans un des meilleurs restaurants que nous ayons fait durant le séjour : Il Vecchio Porto, sur le corso umberto. Cuisine raffinée, tarif peu élevé et couvert à 1,50€ seulement par personne. Si vous y passez, tentez le risotto de fuit de mer, le thon grillé avec légumes et la panacotta fruits rouges. Un régal.

Dimanche matin aux aurores, nous filons à l’aéroport. 5 minutes de trajet à peine et voilà que l’on rend les clés de la voiture. Ouf, rien à signaler : l’auto est nickel et aucun pet à signaler. L’attente commence alors pour embarquer afin de rejoindre la capitale..

Bilan de notre road trip de 7 jours en Sardaigne

Bien évidemment, il serait faux d’affirmer que nous avons tout vu de la Sardaigne. En une semaine, nous nous sommes concentrés sur la partie nord de l’île, et nous avons du faire des choix et « orienter » nos visites. Mais ces 7 jours nous ont quand même permis d’apprécier quelques incontournables sardes. Entre criques sauvages, montagnes abruptes, eaux turquoises, plaines lunaires, découvertes gastronomiques et nature omniprésente, nous avons été comblés. Côté budget, nous avons dépensé :

  • 410€ pour le vol A/R
  • 353€ pour l’hébergement
  • 204 pour la voiture de location
  • 651€ en divers (restaurants, essence, courses, entrées payantes, traversée en ferry, etc.)
  • Soit 1618€ à deux, où près de 800€ par personne